19h09 [en chemin]
Jeudi 3 avril 2008 par ecriresurdupapierjauni
Nous sommes tous de passage et en chemin
Comme l’impression de passer ma vie à marcher, descendre balma à pied ou en vélo me poser sur une chaise pendant huit heures stresser avant chaque khôlle puis conscient de mes lacunes alea jacta est, les dés sont jetés, soulagé je rentre ensuite chez moi à pied ou à vélo je goute passe ma soirée devant en ordinateur en me disant qu’il faut travailler et chaque soir, crevé, j’abandonne, je m’y mettrai demain c’est sûr, pas assez en loque je ne peux pas résister à ce bon bouquin qui me titille, cette odeur en l’ouvrant, le toucher en l’effeuillant et puis plus tard, pas envie de le lâcher ce livre, je veux savoir, je veux que mes yeux continuent ce balancement de gauche à droite puis on descend un ligne et l’on recommence, on tourne la page puis une autre page, encore une et j’éteins, non encore une et encore une et il est de plus en plus tard et lorsque je sens que ma rétine est trop usée, comme un bout de papier que l’on a trop manipulé dans ses doigts et qui s’effrite, lorsque mes yeux n’en peuvent plus, j’éteins la lumière à contrecœur. Le nez sous la couette je pense à demain et au travail que j’abattrai, parce que demain, je serai en forme et motivé, c’est sûr, pourquoi je ne le serai pas hein ?! Tout le monde l’est dans ma prépa, je peux y arriver aussi alors.
Le déclic de la radio qui s’allume, les bruits de pas devant la porte de ma chambre, c’est l’heure, merde. J’avance en trainant du pied, un tas de vêtements à la main jusqu’à la salle de bain et là j’allume la lumière et c’est là que je me rends compte que si hier je me sentais en loque, aujourd’hui c’est pire et chaque jour je me décompose un peu plus et j’attends encore plus impatiemment les vacances, mais elles tardent, je ne dormirai pas plus de toute façon à quoi bon ?!
Je prends ma douche, debout, endormi sous le jet d’eau jusqu’à ce que ma sœur vienne frapper à la porte. Meeeerde et là je me sèche m’habille en 2 minutes, là je suis réveillé. Je descends manger à la cuisine en stress, il faut que je parte dans 12 min, je me fais une tartine, je la mange, 4 min merde mon café et puis je monte les marches de l’escalier 4 à 4 je tambourine à la porte de la salle de bain, je crie, je suis en retard après tout je me brosse les dents vite fait et je pars, pressé comme pas deux. Je descends balma, j’arrive à vive allure au lycée, le personnel d’entretien est encore là, aucun élève, aucune main à serrer, aucune bise à faire. Je m’installe à ma place, je déballe mes affaires et là oh joie, je regarde ma montre, encore 20 minutes avant que les autres arrivent, tant mieux et la je m’étale somnolent sur mes affaires, les premiers arrivent si je les aime bien il s’assoient à gauche, les cons à droite, vous remarquerez que les places sont représentatives des intentions de vote, et que les gens qui pensent que ceux qui votent au centre ou a gauche sont soit des tapettes soit des racailles sont contre le mur droit de la classe, je ne sais pas si cela est fait exprès, mais ça m’intrigue. Enfin bref, j’attends somnolent que les autres arrivent et puis le prof entre et là c’est parti, les minutes se ralentissent, le temps semble s’arrêter, que je me fais chier. Ennuyeux à mourir, juste assez de courage pour compter le nombre de minutes qui restent.
Ma vie n’est qu’une boucle infernale qui chaque soir, chaque semaine, chaque mois, chaque année se renouvelle presque à l’identique. Bien sûr les lieux et les personnes varient, je vis des moments heureux, je ris, je fais rire, on mange on boit. Mais au final, quand il faut faire le bilan, ma vie est vide, ma vie est ennuyeuse. Les seuls moments dignes d’intérêt pour moi sont ceux que je vis avec vous ou la vie que je mène à travers mes lectures et les films que je vois, j’ai l’impression de vivre quelques péripéties, de respirer quelques bouffées d’oxygène. Le reste est morne et sans couleur. Pâle et sans relief.

et si on disait que tu me prêtes une de tes perruques que tu as mises ci-dessus en photo et qu’une des prochaines fois on s’habille vraiment en zèbres et on dessine des pizzas froides sur les murs et ailleurs, ça te changerait ou pas?
(ps ça me fait plaisir de te lire)
L’important, c’est que tu savoures ces moments où tu t’évades par des lectures ou des films…On a tous une vie partiellement ennuyeuse à crever….mais ce qui nous empêche de sortir la corde pour se pendre, ce sont ces moments justement, où l’on ne se questionne plus sur l’ennui, mais sur le moment présent, celui qu’on vit et qui nous rend heureux…tiens bon….j’essaie d’imaginer comme ça doit être difficile….Et dis-toi que si, malheureusement, dans la vie en société, ce qui compte, c’est le nombre de diplômes, l’accomplissement personnel peut se faire uniquement par quelques lignes parcourues avidement des yeux.
Courage…